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21/01/2011

L'interminable périple du train Strasbourg-Port Bou (F)

C549 - L'interminable périple du train Strasbourg-Port Bou (F)

Lu dans la presse française.

Environ 600 passagers partis dimanche soir 26.12.2010 de Strasbourg à destination de la frontière espagnole ont enduré un trajet d'au moins 24 heures. Le trajet devait durer 11 heures. Il aura duré au moins 24 heures pour les 600 passagers du train 4295, parti de Strasbourg dimanche soir. Ils ont dû affronter une série de rebondissements rocambolesques, allant de la panne de locomotive au conducteur retardé par les intempéries.

Le convoi est parti dimanche soir de Strasbourg avec un peu de retard, pour un trajet de nuit à destination de Nice ou de Port Bou, près de la frontière espagnole. A Belfort, il s'arrête une première fois. Le conducteur, qui avait travaillé trois jours d'affilée, doit passer la main pour des raisons de sécurité. Mais le remplaçant, appelé de Lyon, a des difficultés à rejoindre les lieux en raison des intempéries. Il n'arrive qu'à six heures du matin.

Ensuite, c'est une intervention de la police qui est requise pour faire descendre deux ou trois individus ivres qui importunent leur entourage. Un autorail en panne sur la voie ralentit encore le convoi. Arrivé en Saône-et-Loire en début d'après-midi, le train est de nouveau immobilisé trois heures en gare de Tournus, en raison d'une panne de motrice. La SNCF fait alors venir un autre engin de Chalon-sur-Saône. Le train repart enfin pour Lyon vers 17 heures, où les passagers à destination de Port-Bou sont transférés dans un TGV, tandis que ceux se rendant à Nice restent dans le train Corail.

Quelques dizaines de passagers sont arrivés finalement lundi peu avant 22 heures à Perpignan. Une dizaine d'entre eux devaient ensuite être acheminés en autobus à Port-Bou et Cerbère, du côté français de la frontière, d'après la SNCF. «On est très soulagés d'être arrivés», a dit Solange gare de Perpignan avec son conjoint Vincent et leurs deux enfants de quatre et un ans. «On a l'impression d'avoir vécu un naufrage», a-t-elle poursuivi. Elle prend néanmoins les choses avec philosophie: «Dans l'ensemble, ça s'est bien passé».

Un «enfer roulant»

A bord, certains passagers ont pu faire part aux médias de leur exaspération. L'un d'entre eux, Benjamin, a rapporté que le train était resté à l'arrêt «sans chauffage ni éclairage», et que certains passagers étaient «au bord de la crise de nerfs». Sur Twitter, Aubin, un passager, évoquait un «enfer roulant». «On a eu un petit plateau repas, les distributeurs de boissons ne marchent pas. On a l'impression qu'on se moque de nous», a confié de son côté Ralph Lidy, un passager, interviewé par TF1. Seuls 300 plateaux-repas ont été servis aux voyageurs à Besançon. Ceux qui n'avaient pu en profiter ont été servis en gare de Perracheà Lyon.

Une autre voyageuse, Sandrine, déplorait le manque d'informations, qui perturbait certaines personnes âgées. Franck Asparte, la quarantaine, explique pour sa part : «On est très remontés. Il y a une avocate à bord et on est 300 à 400 voyageurs prêts à lui remettre nos mails et nos numéros de téléphone pour constituer un comité et porter plainte contre la SNCF».

La SNCF a confirmé lundi après-midi un retard global de «plus de 12 heures», évoquant «une avalanche d'incidents liés aux conditions climatiques et à des problèmes techniques». «C'est un incident grave mais isolé dû à une succession rarissime d'incidents», s'est justifié sur RTL Didier Cazelle, directeur des services aux clients à la SNCF. Selon lui, transférer les passagers dans un autre train aurait requis du temps. Il a toutefois reconnu que le cafouillage à Belfort pouvait s'expliquer par les «nombreuses recompositions des affectations de nos conducteurs liées aux intempéries et aux pointes de trafics». L'entreprise publique a annoncé qu'elle rembourserait intégralement tous les passagers et leur offrirait en sus un aller-retour.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie et des Transports, a estimé sur RTL que «…Evidemment, ça fait un retard qui, comme cela, paraît hallucinant».

Ndr : Le web était saturé de relations et de témoignages sur cet «enfer roulant».

Dans leur malheur, ces clients de la SNCF peuvent s’estimer « heureux » : on connait des cas, en Belgique, où le conducteur abandonne une partie du parcours (temps de conduite « dépassé »), continue en taxi, et le train est supprimé pour le solde du parcours: les voyageurs sont abandonnés, à quai dans une gare quelconque. Parfois ce parcours résiduel est faible.

Evolution de la conscience professionnelle de certains acteurs… Les sociétés de transport en commun (train, bus, avion) ont aussi, un véritable problème de communication pertinente au bon endroit (y compris dans un train, une gare ou un aéroport) et au bon moment : étrange à l’époque des téléphones mobiles. [Publié le 2011-01-17]

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